RDC: Le Budget Participatif, un exemple à suivre pour le développement de la RD Congo à travers la bonne gouvernance des entités territoriales décentralisées

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Vue du centre-ville de Bukavu

La Banque mondiale a financé le projet de Budget Participatif dans la province du Sud-Kivu visant la participation des populations rurales et urbaines à la confection et la gestion des budgets locaux. Le Budget Participatif a pour effets de promouvoir le civisme fiscal, le dialogue et la transparence. Il renforce le dialogue entre la population, les acteurs locaux (secteur privé et société civile) et les autorités locales, et renforce ainsi l’esprit de confiance mutuelle et la paix sociale. Le Sud-Kivu tire déjà parti de cette expérience de bonne gouvernance financée par la Banque mondiale.

Les populations habitant les communes de Kadutu, d’Ibanda et de Bagira ainsi que les chefferies de Ngweshe, de Wamuzimu, de Kabare, de Luhwinja et Bafuliro dans la province du Sud-Kivu sont les premières à bénéficier des premiers résultats de ce processus qui en est à sa deuxième année d’exécution. Elles ont été activement associées à l’élaboration et aux votes des différents budgets locaux pour l’année 2012. Les parties prenantes impliquées dans la gestion des budgets sont le gouvernement provincial, les entités territoriales décentralisées (ETDs), la société civile ainsi que les secteurs public et privé.

Comment se passent les opérations sur le terrain ?

L’exécutif communal présente à la population son budget ainsi que la part du budget réservée à l’investissement local et, au moyen de concertations, laisse la population choisir elle-même les priorités devant être exécutées et reprises dans le budget de la commune. Par la suite, la population est associée au contrôle de l’exécution des priorités votées de manière inclusive.

L’innovation dans ce projet est que ce contrôle s’effectue en majeure partie par contacts téléphoniques à travers des messages SMS (Short Message System). Ainsi, grâce aux téléphones portables dont la plupart des Congolais arrivent à se doter, les parties prenantes du projet Budget Participatif disposent facilement et sans se déplacer, d’informations utiles sur les dates, les heures et les lieux des réunions. Elles peuvent également, tout en vaquant à leurs occupations quotidiennes, s’informer sur les comptes-rendus des décisions prises lors des réunions, voter par SMS, et surtout elles peuvent faire le suivi et l’évaluation des décisions prises lors des votes. Ce système de communication en expérimentation dans la province du Sud-Kivu s’appelle « M Sondage ».

Je n’en crois pas mes yeux en voyant ce bulldozer aplanir notre terrain de volleyball et de basketball. Terrain laissé à l’abandon depuis l’époque belge et qui servait de garage pour les uns, de poubelle pour les autres (…). Lors des consultations sur le Budget Participatif, j’avais voté pour la réhabilitation du stade de volley et de basketball sans trop de conviction, car c’était trop beau pour être vrai (…). Et voilà ! Les travaux sont en cours ! “, a témoigné M. Jean de Dieu Rukeba, habitant à Kadutu.

Pour monsieur Musole Bekao, Bourgmestre de la commune de Kadutu, l’approche Budget Participatif est une nouvelle donne qui permet à l’administration communale de se rappeler de son engagement vis-à-vis de la population avec laquelle elle avait travaillé pour élaborer la partie investissement du budget 2012. ” Ainsi, contrairement à nos habitudes, nous sommes désormais tenus de consulter régulièrement notre budget pour nous permettre d’avancer avec nos prévisions. Nous travaillons avec la société civile. Le budget de Kadutu n’est donc plus un tabou. Moi un natif de Kadutu, je suis fier de mes réalisations pour le premier semestre 2012 “, a-t-il déclaré.

Le quotidien des habitants de Bukavu

Pour 2012, les différents budgets ont porté sur les activités avec impact direct sur l’environnement immédiat des populations bénéficiaires, notamment dans la chefferie de Luhwinja, la construction de 54 salles de classe et la réparation d’un pont-route dans la commune de Bagira, et enfin, dans la commune d’Ibanda, la construction d’un centre de santé et de toilettes publiques du marché de Nyamera ainsi que l’adduction d’eau potable. Toutes ces priorités avaient préalablement été définies par la population aux termes de concertations avec l’administration provinciale.

Dans l’ensemble, le résultat du processus au Sud-Kivu est satisfaisant. Ce bilan positif est le résultat d’une approche participative qui convient à la population, tout comme aux autorités locales de la province du Sud-Kivu et qui implique une participation citoyenne effective à l’élaboration et l’exécution du budget. Cela a pour conséquence : une plus grande redevabilité sociale, une amélioration de la paix sociale, une mobilisation plus efficace des recettes locales, une généralisation du processus du Budget Participatif dans toutes les 27 ETDs du Sud-Kivu et enfin, une amélioration du climat de confiance entre gouvernants et gouvernés.

Après le Sud-Kivu et sur base de résultats satisfaisants, l’expérience va s’étendre dans d’autres provinces, notamment dans la ville-province de Kinshasa et la province du Katanga. A Kinshasa, la Banque mondiale a déjà commencé à sensibiliser les autorités provinciales sur le bien-fondé de cette nouvelle donne dans la gestion des ressources des communes avec la participation des parties prenantes.

Rédaction/ArcEnCiel.agence-presse.net

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