USA: Les défis économiques qui attendent Barack Obama

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Au lendemain de sa réélection, le compte est bon, voire même très bon, pour 44e président américain, Barack Obama. Il gagne avec environ 50,2% des voix contre 48,3% à son adversaire républicain, Mitt Romney. Mais au-delà de l’émotion suscitée par sa nette victoire que les derniers sondages laissaient à peine espérer au camp démocrate, Barack Obama sait que devant lui les défis sont nombreux. Entre une opposition républicaine intransigeante, au Congrès, et une crise économique toujours persistante, il n’a d’autre choix que l’ouverture pour gouverner.

En effet, pour son second mandat, Barack Obama affronte une situation économique difficile. L’économie américaine est loin d’être tirée d’affaire. La question de la maîtrise des dépenses publiques persiste encore. Comment remettre le pays sur le chemin de l’équilibre : réduire le déficit de 4.000 milliards de dollars et la dette de plus de 16.000 milliards de dollars. Une dette publique qui représente aujourd’hui 107% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Le fameux mur budgétaire (ou fiscal cliff) est, sans nul doute, l’un des défis les plus importants du deuxième mandat de Barack Obama, au vu des divisions persistantes entre le camp démocrate au Sénat et l’opposition républicaine qui tient la Chambre des représentants.

Faute d’accord entre la Maison Blanche et le Capitole, les échéances menacent à court terme de replonger l’économie américaine dans la récession, préviennent de nombreux économistes et chefs d’entreprise. ” Le vrai défi pour Obama est de surmonter les différences avec le Congrès et de travailler pour obtenir le consensus “, estime Jason Ader, ancien analyste de Wall Street qui soutenait Mitt Romney dans la campagne.

LES MESURES FICALES

1. L’impôt sur le revenu

Une série d’allègements de l’impôt sur le revenu adoptés sous la présidence de George W. Bush arrivent à échéance le 31 décembre, Barack Obama et la majorité républicaine de la Chambre des représentants s’étant entendus fin 2010 pour les prolonger de deux ans. Faute d’accord au Congrès, le barème de l’impôt sur le revenu serait relevé, le taux d’imposition de la tranche la plus basse passant de 10% à 15%, celui de la tranche supérieure de 35% à 39,6%.

Barack Obama souhaite prolonger les allègements de l’ère Bush, sauf pour les revenus annuels supérieurs à 200.000 dollars pour un particulier ou 250.000 dollars pour une famille. Pour ces catégories, les taux d’imposition retrouveraient leur niveau d’avant 2001.

2. La fiscalité des revenus du capital

En 2003, George W. Bush et le Congrès s’étaient s’accordés pour réduire l’imposition des plus-values et des dividendes, qui affecte en premier lieu les contribuables les plus aisés. Ces mesures arrivent elles aussi à échéance à la fin de cette année.

? Plus-values : si aucune nouvelle mesure n’est adoptée, le taux d’imposition des plus-values à long terme passera de 15% à 20% pour les quatre tranches les plus élevées et de zéro à 10% pour la plus basse. Barack Obama souhaite laisser le taux supérieur passer à 20% pour les revenus supérieurs à 200.000 ou 250.000 dollars.

Dividendes : faute d’initiative nouvelle, le taux d’imposition des dividendes s’alignerait sur le barème de l’impôt sur le revenu (IR), donc avec un taux marginal de 39,6%, alors que les dividendes sont aujourd’hui taxés à 15% pour les quatre tranches supérieures de l’IR et exonérés pour la plus basse. Barack Obama propose de maintenir le taux de 15% pour la plupart des contribuables mais de le porter à 36% ou 39,6% pour les revenus supérieurs à 200.000 ou 250.000 dollars.

? Contribution santé : quelle que soit l’issue des discussions sur le mur budgétaire, les revenus supérieurs à 200.000 par personne ou 250.000 par famille seraient soumis à une nouvelle contribution de 3,8% prévue par la nouvelle loi sur l’assurance maladie de l’administration Obama.

? Droits de succession : ils s’élèvent aujourd’hui à 35% pour la part de la succession supérieure à un million de dollars, mais ils pourraient passer à 55% faute de nouvelle mesure. Barack Obama veut porter les droits à 45% en portant le seuil de taxation à 3,5 millions de dollars.

LES MESURES BUDGETAIRES

1. Les coupes automatiques dans les dépenses :

L’accord conclu l’an dernier pour relever le plafond de la dette fédérale prévoyait 1.200 milliards de dollars de coupes dans les dépenses de l’Etat si le Congrès ne parvenait pas à un nouvel accord de réduction des déficits d’ici le 2 janvier, or les discussions en ce sens ont échoué. Mais de nombreux parlementaires sont désormais persuadés du risque que ces coupes automatiques feraient peser sur l’économie américaine, et des initiatives sont en cours pour les éviter.

2. L’indemnisation du chômage

Plusieurs millions de demandeurs d’emplois sont arrivés en fin des droits ces dernières années. Le Congrès a prolongé à plusieurs reprises certains dispositifs d’indemnisation mais une nouvelle échéance se profile pour la fin de l’année. De nombreux républicains souhaitent en finir avec ces prolongations, qui découragent, selon eux, la recherche d’un emploi.

3. Le “doc fix” :

La grille de calcul n’ayant pas été actualisée, les indemnisations versées par l’Etat fédéral aux médecins qui traitent des bénéficiaires de Medicare - le dispositif d’assurance maladie destiné aux personnes âgées et aux handicapés - sont nettement sous-évaluées. Si le Congrès ne remédie pas à cette situation avant la fin de l’année, les médecins concernés pourraient voir leurs indemnités amputées de plus de 10%, ce qui pourrait les conduire à refuser de soigner des bénéficiaires de Medicare.

LE PLAFOND DE LA DETTE

Le secrétaire au Trésor de Barack Obama, Timothy Geithner, a reconnu que les Etats-Unis atteindraient probablement le plafond fixé à la dette publique, soit 16.400 milliards de dollars après l’élection présidentielle mais avant la fin de l’année. Le Trésor dispose, selon lui, des outils nécessaires pour reporter cette échéance à début 2013, sans doute jusqu’en février selon les observateurs.

Cette situation pourrait conduire le Trésor à recourir à des mesures comptables exceptionnelles pour freiner l’augmentation de la dette, au risque de s’attirer les critiques des républicains.

C’est pourquoi, pour faire face à tous ces défis, Barack Obama devra absolument réussir le pari, ainsi qu’il l’avait souhaité la nuit du verdict électoral, de travailler en étroite collaboration avec le camp républicain, d’autant que les chantiers de son second mandat sont vastes et très complexes.

Rédaction/ArcEnCiel.agence-presse.net

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