RDC/Nord-Kivu: Dirigé par des criminels de guerre, le M23 est un mouvement dépourvu de toute crédibilité

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Pour la petite histoire, le M23 est un groupe rebelle né à la suite de la mutinerie des militaires de l’armée congolaise entre fin mars et le mois de mai 2012. Ces militaires, avant d’intégrer les FARDC en janvier 2009, étaient membres du Congrès National pour la défense du peuple (CNDP), un ancien groupe rebelle soutenu par le Rwanda. Le général Bosco Ntaganda a pris, dans un premier temps, la tête de cette mutinerie suite aux tentatives du gouvernement congolais d’affaiblir son pouvoir et aux appels de plus en plus nombreux et pressants en faveur de son arrestation et de son transfèrement à la CPI, conformément à l’obligation légale de la RD Congo de coopérer avec la Cour Pénale Internationale. Il a été rejoint par environ 300 à 600 hommes dans le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Les forces de Ntaganda ont été vaincues et repoussées hors de Masisi par l’armée congolaise au début du mois de mai. A peu près au même moment, le colonel Makenga, ancien camarade de Ntaganda au sein du CNDP, a annoncé le déclenchement d’une autre mutinerie dans le territoire de Rutshuru. Par la suite, Bosco Ntaganda et ses forces ont rejoint Makenga.

Le nouveau groupe armé est né et a été baptisé M23, qui veut dire Mouvement du 23 mars. Les responsables de ce mouvement ont affirmé que leur mutinerie visait à protester contre le fait que le gouvernement congolais n’avait pas pleinement mis en oeuvre l’accord de paix du 23 mars 2009 ( d’où le nom de M23 ), en vertu duquel ils avaient été incorporés dans l’armée congolaise.

Il sied de noter que certains des officiers du M23 ont des antécédents bien connus d’atteintes graves aux droits de l’homme, commises au cours des dix dernières années dans l’Est de la République démocratique du Congo, incluant des massacres à caractère ethnique, le recrutement forcé d’enfants, des viols généralisés, des meurtres, des enlèvements et des tortures, commis par ces individus au gré de leurs passages d’un groupe armé à l’autre.

Avant les dernières mutineries, au moins cinq des chefs actuels du M23 figuraient sur une liste noire de l’ONU. Bosco Ntaganda est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis 2006 pour crimes de guerre, pour avoir recruté et utilisé des enfants soldats en 2002 et 2003 dans le district d’Ituri, dans le Nord-Est de la RD Congo. En juillet dernier, la Cour a émis un second mandat contre lui pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en l’occurrence des meurtres, des persécutions pour motifs ethniques, des viols, de l’esclavage sexuel, et des pillages, également en rapport avec ses activités en Ituri. Le 4 septembre, la CPI a renouvelé sa demande au gouvernement congolais pour une arrestation immédiate de Ntaganda et de son transfert à la Haye. Human Rights Watch a, d’ailleurs à cet effet, documenté de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par des troupes commandées par le général Bosco Ntaganda depuis son passage de l’Ituri au Nord-Kivu en 2006.

Selon des recherches effectuées par les enquêteurs de l’ONU en matière des droits humains et par Human Rights Watch, le colonel Makenga est responsable de recrutement d’enfants et de plusieurs massacres commis dans l’est de la RD Congo ; le colonel Innocent Zimurinda est responsable de massacres à caractère ethnique à Kiwanja, à Shalio et à Buramba, ainsi que de viols, de tortures et du recrutement d’enfants ; le colonel Baudouin Ngaruye est responsable d’un massacre à Shalio, du recrutement d’enfants, de viols et d’autres attaques contre des civils ; et le colonel Innocent Kayna est responsable de massacres à caractère ethnique en Ituri et du recrutement d’enfants.

Ntaganda et Zimurinda figurent également tous deux sur une liste de personnes sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Sous ce régime de sanctions de l’ONU, tous les Etats membres, y compris le Rwanda, ont l’obligation de « prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le transit sur leur territoire de toute personne » figurant sur cette liste. Or, Ntaganda et Zimurinda se sont tous deux rendus au Rwanda depuis avril, selon des informations données à Human Rights Watch par d’anciens combattants du M23 qui accompagnaient Ntaganda et des personnes qui étaient présentes lors de réunions auxquelles Zimurinda a participé au Rwanda.

Publiquement, le M23 soutient que Ntaganda n’appartient pas au mouvement. Plusieurs dizaines de combattants, anciens et actuels, du M23 et d’autres personnes proches de la hiérarchie du groupe ont affirmé à Human Rights Watch que Ntaganda jouait un rôle important de commandement et de direction au sein des rebelles du M23, opérant principalement dans la région de Runyoni, et qu’il participait régulièrement à des réunions avec le haut commandement du M23 et des officiers de l’armée rwandaise.

Comme on le voit, la crème dirigeante du M23 est constituée des personnes qui se trouvent sur la liste noire de l’ONU pour violations graves des droits humains et pour avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Quel crédit peut-on accorder à un tel mouvement ?

Rédaction/ArcEnCiel.agence-presse.net

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Une réponse à “RDC/Nord-Kivu: Dirigé par des criminels de guerre, le M23 est un mouvement dépourvu de toute crédibilité”

  1. Aucun crédit, et nous nous attaquerons à toute autorité Congolaise qui tentera quelque négociation avec ces rebelles.
    Moses

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