RDC: Un processus démocratique à reculons

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Avec une superficie de 2 345 000 Km², soit les deux tiers de l’Europe occidentale, une population électorale de 32 024 640, 433 partis politiques et 15 regroupements politiques, 63 865 bureaux de vote et de dépouillement, la République démocratique du Congo est un espace géographique dont les défis pour l’établissement d’un Etat de droit sont énormes. L’un d’entre eux et non de moindre est l’organisation des élections pluralistes, libres, démocratiques, transparentes et apaisées. Ce défi consiste à donner au peuple congolais la possibilité de se choisir librement et dans les conditions requises les dirigeants en qui il a pleinement confiance pour prendre en mains son destin.

La tâche et la responsabilité de l’organisation des élections reviennent donc à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), qui selon la loi N°11/003 du 25 juin 2011 en son article 2, ” est le seul organe chargé de l’organisation du processus électoral, notamment de l’enrôlement des électeurs, de la tenue du fichier électoral, des opérations de vote, du dépouillement et de la proclamation des résultats provisoires. Elle en assure la régularité “.

Au vu des résultats du processus électoral de 2011 et sur base des différents rapports des Missions d’observation aussi bien nationales qu’internationales, la CENI a drôlement échoué dans sa mission de permettre au souverain primaire congolais de s’exprimer objectivement au travers des élections régulières et crédibles. Le scrutin de 2011 a été chaotique ! Tous les piliers de la démocratie ont été foulés au pied. Concernant la campagne électorale par exemple, elle s’est déroulée de manière totalement déséquilibrée et a été entachée de plusieurs incidents, souvent meurtriers. Les médias publics n’étaient accessibles quasi exclusivement que par un seul camp , celui de la majorité présidentielle. Quant aux médias privés, particulièrement ceux proches de l’opposition, ils ont été tout simplement bâillonnés. Désordres et violences ont été au menu de la journée du 28 novembre 2011 suite à la mauvaise organisation logistique et matérielle du scrutin ( Des matériels électoraux déployés en retard et à d’autres endroits totalement inexistants, plusieurs milliers d’électeurs omis sur les listes électorales, des bureaux de vote mal localisés et d’autres carrément inexistants, des bureaux de vote très étroits et incapables de contenir tous les témoins des partis politiques, les observateurs nationaux et internationaux, … ). Des multiples accrochages ont même perturbé le vote qui s’est déroulé dans un climat de tension extrême ayant occasionné morts d’hommes. Plusieurs cas de fraudes et de tricheries bien planifiées ont été signalés ça et là sur toute l’étendue du territoire de la République démocratique du Congo. Cette vaste opération des fraudes massives a fortement dénaturé et faussé la vérité des urnes. Tout cela a eu pour conséquence la contestation des résultats proclamés par la CENI suivie d’actes d’extrêmes violences qui ont endeuillé plusieurs dizaines des familles.

Après le cycle électoral de 2005-2007 qui avait clos la longue période des conflits (1996-2003), les élections de 2011 auraient dû être celles de la consolidation de la jeune démocratie congolaise, mais malheureusement le pays a par contre connu une régression incommensurable sur le plan de la démocratie. Il se pose aujourd’hui un réel problème de légitimité dans le chef de ceux qui détiennent à ce jour les rênes du pouvoir politique. D’autant que les résultats des urnes n’ont pas du tout reflété le choix du souverain primaire à la suite des tripatouillages décriés dans tout le pays.

Dans le but de sortir la République démocratique du Congo de cet imbroglio politique, nous pensons qu’il est impérieux qu’un dialogue franc et profond soit engagé entre les différentes composantes de la société congolaise afin d’apporter des améliorations essentielles à la transparence et à la crédibilité des scrutins. En plus, une évaluation interne en profondeur du processus électoral par la CENI s’impose pour tirer les conséquences de l’échec des élections de 2011 en vue de réussir l’organisation de prochaines élections provinciales, urbaines, municipales et locales, et ce sur de nouvelles bases. Aussi, une évaluation externe s’avère également nécessaire pour apporter des éléments correctifs par rapport à l’évaluation interne. La Cour des comptes devra de son côté diligenter un audit financier de la CENI avant la poursuite du processus électoral avec pour seul objectif d’éclairer le peuple congolais sur la manière dont les colossaux moyens de l’Etat confiés à la CENI ont été affectés et gérés.

En définitive, il est clair que pour son décollage économique, la République démocratique du Congo a besoin d’une forte cohésion nationale afin de permettre à chaque citoyen congolais de se sentir engagé et partie prenante à l’oeuvre de la reconstruction nationale. Cette cohésion ne pourra être possible qu’à travers un jeu démocratique honnête et limpide sur base des règles précises et respectées de tous.

Rédaction/ArcEnCiel.agence-presse.net

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags XHTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>