Crise de légitimité en RDC: La société savante congolaise propose six pistes de solution

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A l’issue de la mission d’information confiée à l’honorable Mwando Nsimba par le Chef de l’Etat, l’horizon du paysage politique de la RDC est loin d’apaiser la tension observée dans le chef des politiques congolais au lendemain des différentes concertations politiques.

A cette tension s’ajoute naturellement les incertitudes et les déclarations peu rassurantes de la majorité comme de l’opposition, qui dissimulent mal le goût de l’inachevé des concertations de l’informateur.

Pour changer un peu de registre et permettre ainsi à nos lecteurs (visiteurs) d’entendre un autre son de cloche, l’OCAP (Observatoire du Comportement des Acteurs Politiques de la RD congo) a effectué un sondage auprès de quelques membres de la société savante congolaise.

Il ressort du dépouillement de ce sondage réalisé auprès d’un échantillon tiré au hasard de 380 professeurs d’université que 80% de ces représentants de la société savante que le Chef de l’Etat, Joseph KABILA, a tout intérêt de nommer un premier ministre technocrate pour dépassionner le débat politique autour de la question de savoir s’il faut absolument nommer un 1er ministre issu de l’obédience présidentielle ou de l’opposition.

Ce choix, qui sort de l’ordinaire, renforcerait l’image du Chef de l’Etat, et par ricochet, ferait de lui un président fédérateur qui opère au-delà des appétits du pouvoir de quelques personnalités qui ne visent que leurs intérêts personnels.

Ingénieux et visionnaire, travailleur et rigoureux, empathique et altruiste, patriote et nationaliste, fidèle et loyal, peu enclin à l’argent et à l’esprit de lucre, voilà le portrait idéal d’un premier ministre qui mérite d’accompagner Joseph KABILA dans sa dernière épreuve de confirmation de son leadership transformationnel de la révolution de la modernité.

Parmi les personnalités remplissant ce critérium, sous réserve de certaines antivaleurs qu’elles peuvent cacher, les sondés ont cité entre autres personnalités, l’ancien ministre des finances Matungulu, le Pr Elikya Mbokolo, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, l’Adg de l’ex OFIDA, Déogracias Rugwiza, les Pr Mabi Mulumba, Lunda Bululu, Ngoma Binda, le sénateur Lola Kisanga, Mme Kalongo Mbikayi, … comme étant proches de ce portrait.

S’agissant du rôle que pourrait jouer TSHISEKEDI dans l’apaisement du climat politique en RDC, les sondés ont répondu à 72% que ce serait une erreur politique de la part de E. TSHISEKEDI de ne pas s’impliquer dans le processus politique en cours. Son charisme d’opposant politique de premières heures, plaiderait largement qu’il accepte d’occuper les fonctions de Président du Sénat, fonctions qui lui permettraient de jouer le rôle de porte-parole et leader incontesté de l’opposition en RDC. Ici, 92% des personnes interrogées reconnaissent que la présence du président de l’UDPS au Sénat modifierait totalement la donne politique et le comportement de certains acteurs politiques de la majorité et de l’opposition, sans distinction.

Pour éviter toutes tentatives d’un pouvoir héréditaire dans le chef de Kabila et de Tshisekedi, en cas de démission pour diverses raisons prévues par la Constitution, les membres de la société savante interrogés pensent que les législateurs congolais feraient mieux d’introduire dans le texte de la Constitution une disposition - garde fou - excluant toute possibilité de léguer le pouvoir à son petit frère, fils ou neveu. La triste expérience du Sénégal et autres pays peut ici  inspirer les législateurs congolais.

A la question de savoir, le futur gouvernement peut-il résoudre la question du social du peuple, la majorité des voix exprimées recommandent six pistes de solutions. La première vise la création d’une Taxe de Solidarité envers les plus Démunis (TSD) afin d’atténuer les disparités entre riches et pauvres. Cette taxe doit être versée dans un compte spécial du ministère des Besoins sociaux de base et  complétée par une Taxe perçue sur toutes les transactions commerciales et bancaires comportant les opérations illicites du fisc qui échappent au contrôle de l’Etat (Taxe anticorruption-TAC).

Ils proposent ensuite la création d’un portefeuille ou d’une méga-structure de Bonne gouvernance et de Lutte contre la corruption pour stopper l’hémorragie financière des caisses du Trésor public.

Parmi les questions subsidiaires concernant la restructuration de la CENI et le critérium d’embauche des ministres et membres du gouvernement ainsi que des mandataires de l’Etat, les élites intellectuelles ont eu des avis partagés. 45% de nos savants ont estimé que les bureaux de la CENI méritent d’être restructurés, tandis que 39% plaident pour le renforcement des capacités de son personnel en mettant un accent particulier sur la formation de son personnel aux techniques de détection des fraudes et des actes de corruption en période électorale.

Quant aux conditions de recrutement des membres du gouvernement et mandataires publics, 96% des académiciens se sont prononcés sur la nécessité d’organiser si non un concours, au moins un test de sélection des politiciens candidats au poste de ministre. Ceci éviterait le clientélisme et le parachutage doré auquel on assiste souvent dans la désignation des ministres devant représenter leurs partis politiques au gouvernement. Justifiant leur position, la plupart des enseignants ont cité les illustrations du garde du corps, des chefs du protocole, des épouses et cuisinier des ministres proposés au gouvernement pour succéder à leurs patrons et époux au nom du quota du parti à préserver et de l’assimilation du poste de doublon.

En ce qui concerne  le concours des mandataires publics, 100% des personnes interrogées affirment que c’est un passage obligé et porte d’entrée de la bonne gouvernance afin d’éviter l’arbitraire. Malheureusement, les interférences des gourous politiques enlèvent toute la beauté à cet exercice d’excellence éthique et politique.

Ne pas être attentif au message contenu dans ce sondage de l’élite savante de notre pays, revient à jouer à la démesure politique, c’est à dire l’hybruse ayant été à la base du déclin de certaines monarchies du monde et de leurs monarques. Si la démocratie est, stricto sensu, ce système dans lequel la majorité est appelée à se mettre à l’écoute de la minorité, il serait aberrant, honteux et égoïste, d’emmener le Chef de l’Etat à ne pas mettre en place un gouvernement de consensus. Cela ferait de lui, non seulement un président de la majorité mais aussi celui de tout le peuple congolais.

C’est au prix d’une certaine concession faite à quelques figures incontournables de l’opposition que le pays peut être mis de nouveau sur les rails. Le choix de Joseph Kabila des animateurs du gouvernement en gestation, et sa capacité à répondre aux besoins fondamentaux du peuple congolais, feront de lui non un président sectaire, mais plutôt un président de tout le monde, c’est à dire de ceux qui l’ont élu et de ceux qui ne l’ont pas élus.

Rédaction/Arcenciel.agence-presse

Source: La Référence Plus N°5336 du 02 avril 2012

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